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Les producteurs de fruits et légumes bio souffrent de la surproduction et des importations à bas prix

Par Jean Moullart | Publié le 25 Février 2010 à 00:36
Les producteurs de fruits et légumes bio souffrent de la surproduction et des importations à bas prix
L'APFLBB (Association des Producteurs de Fruits et Légumes Biologiques de Bretagne), Bio Loire Océan, Mediterrabio, Solébio, Verte Provence s'indignent de la désinformation concernant le marché des fruits et légumes issus de l'agriculture biologique. Ils demandent à ce que la lettre ci-dessous soit publiée.
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"Bientôt le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes.  Les organisations (APFLBB, Bio Loire Océan, Mediterrabio, Solébio, Verte Provence), par l’intermédiaire de leurs représentants respectifs, ont adressé cette lettre à :
 


Monsieur le ministre de l’Agriculture
Monsieur le Directeur général de France Agri Mer
Madame la Directrice de l’Agence Bio
Monsieur le Président de la FNAB
Monsieur le Président de l’APCA
Monsieur le Président d’INTERFEL
Monsieur le Président de la région Provence Alpes Côte D’azur
Monsieur le Président de la région Languedoc-Roussillon
Monsieur le Président de la région Rhône-Alpes


 

« En tant que producteurs de fruits et légumes biologiques, signataires de cette lettre, nous avons la volonté, aujourd’hui comme hier, de favoriser le développement de la production et de la consommation biologiques.
 
Cependant, nous estimons que la communication massive sur la croissance du marché et le déficit de production sont  en décalage avec la réalité. Ces derniers mois, le marché bio connaît des situations de surproduction durables en fruits et légumes. Il semble que le marché biologique marque une pause alors que la montée en puissance de la restauration hors domicile se fait attendre, démontrant sa complexité.
 
L’importation ne vient pas combler le manque chronique de volumes qui devraient, dans ce cas, progressivement être remplacés par des productions françaises. Elle répond à une demande en produits exotiques, hors saison ou à bas prix que nous ne pouvons et ne voulons pas proposer aux consommateurs pour des raisons éthiques, techniques ou économiques.
 
C’est ainsi que l’été dernier, en pleine saison de production française, la majorité des fruits et légumes biologiques présents dans certaines enseignes de grande distribution étaient importés. Cet état de fait répond aux engagements pris par ces enseignes de fournir à leurs consommateurs des produits bio à bas prix. Le soin que nous apportons à nos cultures et notre volonté de pratiquer une agriculture durablement biologique ne nous permettent pas d’être compétitifs pour répondre à ces demandes.
 
Par ailleurs, en matière de politique de conversion, nous constatons l’insuffisance de l’accompagnement technique et de la formation, qui met les nouveaux producteurs dans une situation intenable. La transposition pure et simple du système agronomique conventionnel en bio n’est pas viable, encore moins durable ; la diversification des cultures fait partie intégrante du mode de culture biologique. Ignorer ces principes conduira l’agriculture biologique à l’échec.
 
Ces constats ne se retrouvent ni dans la communication institutionnelle, ni médiatique.
 
De son côté, le consommateur n’est pas en mesure de faire de vrais choix, son intérêt ne résidant pas dans un développement purement quantitatif, mais dans la participation active à une filière saine et cohérente ».




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