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La baisse probable du taux limite de Cadmium inquiète la filière blé dur

Par Jean Moullart | Publié le 07 Mars 2010 à 02:24
La baisse probable du taux limite de Cadmium inquiète la filière blé dur
La Commission Européenne envisage de baisser la teneur maximale en Cadmium des céréales. Cette teneur limite qui est actuellement de 0,2 mg/kg pourrait être ramenée à une teneur comprise entre 0,1 et 0,2 mg/kg. Et entre 0,05 et 0,1 mg/kg pour les produits finis comme le pain, les pâtes et les céréales du petit-déjeuner. Des nouveaux seuils qui pourraient être gênants pour la filière blé dur française à entendre les fabricants de pâte et de semoule. Il faut savoir qu'une partie du Cadmium que nous ingérons provient des engrais phosphatés apportés dans le passé. Car depuis le 31 mai 2002, la Commission européenne a interdit l'importation d'engrais phosphatés à forte teneur en cadmium. Le professeur Claude Boudene de l'Académie nationale de médecine, auteur d'un rapport sur les effets nocifs de ce métal, nous en dit plus.
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Selon le Professeur Boudene, on n’a rien su de la toxicité du Cadmium avant les années cinquante. En 1900, la métallurgie mondiale extrayait 14 tonnes de cadmium par an. Au début des années 80, la production était passée à 20 000 tonnes. Ce métal a connu un essor foudroyant, grâce à ses propriétés technologiques intéressantes : même si le cadmium est facilement attaqué par des acides, même faibles, c’est un métal anticorrosion. C’est ce qui a décidé les Américains à l’utiliser après la seconde guerre mondiale pour protéger les récipients métalliques destinés notamment aux réfrigérateurs. Le problème, c’est que les acides organiques contenus dans les jus de fruits ont attaqué le cadmium, qui est passé dans ces boissons et a provoqué des intoxications. Il y a d’ailleurs eu, au même moment, des intoxications alimentaires spectaculaires dans des cantines à Alger (Algérie), à la suite du transfert de vin dans des brocs cadmiés. Tout ces problèmes ont révélé la nocivité potentielle de ce métal.

Il faut savoir que le cadmium est présent dans notre organisme dès la naissance : on trouve un microgramme (millionième de gramme) de cadmium chez le foetus. Cette quantité n’est heureusement pas fonction de ce que mange la mère, car le cadmium ne peut pas franchir la barrière placentaire. Mais, à l’âge adulte, la quantité totale de cadmium contenue dans l’organisme passe à 30 ou 40 milligrammes, ce qui correspond à une accumulation ou bioconcentration énorme, de l’ordre de 30 000 à 40 000 fois plus.

En fait, chaque fois que nous ingérons du cadmium, nous en stockons une partie : l’élimination ne compense pas les apports. Le cadmium s’accumule ainsi de manière transitoire dans le foie puis passe dans les reins. Lorsque la concentration dans le rein dépasse 200 ppm (200 mg par kilogramme), il en résulte des lésions irréversibles. Le problème est que le cadmium n’est pas le seul produit néfaste pour les reins : plusieurs médicaments, certains antibiotiques et anti-inflammatoires par exemple, le sont également. Or, la toxicité rénale se cumule. De plus, les reins commencent à donner des signes de dysfonctionnement à partir de 65 ans. Et comme l’espérance de vie s’accroît d’un trimestre par an,  les effets des toxiques vont d’autant plus se révéler qu’on avance en âge.

 

 

 

 

 

 




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